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Ta stack, ou ce que tu as vraiment devant toi

Après quatre articles de manipulation, tu as cinq ou six outils devant toi sans savoir vraiment comment ils s'articulent. On prend dix minutes pour faire la carte.

Quatre articles. Une poignée de sessions de travail. Et maintenant tu as devant toi un bureau encombré d'outils dont tu ne sais plus très bien ce que chacun fait là.

C'est normal. C'est même exactement ce qu'il fallait faire : toucher avant de comprendre, installer avant de cartographier. Mais à un moment, il faut lever la tête.

Voilà ce que tu as devant toi.

Ce que tu as installé sans vraiment le choisir

Si tu fais l'inventaire de ce que tu as manipulé depuis le début de cette série, ça ressemble à ça : Lovable, l'application Claude et son onglet Code. Plus quelques comptes créés, quelques fichiers ouverts, quelques échanges avec Claude Code en te demandant si tu faisais juste.

Le problème avec l'apprentissage par manipulation, c'est qu'il fonctionne très bien pour acquérir des réflexes, et très mal pour construire une représentation d'ensemble. Tu sais faire des choses. Tu ne sais pas encore ce que tu fais.

Cet article ne t'apprend rien de nouveau. Il te donne la carte de ce que tu as déjà.

Lovable : la marche d'éveil, déjà derrière toi

Lovable, c'est l'outil avec lequel tu as commencé. Et si tu lis cet article dans l'ordre de la série, tu l'as déjà mis de côté.

C'est voulu. Lovable est un outil de prototypage rapide : tu décris ce que tu veux construire en langage naturel, il génère une interface fonctionnelle en quelques minutes. Pas besoin de comprendre le code qu'il produit. Pas besoin de savoir ce qui se passe dessous. Tu vois quelque chose à l'écran, tu peux cliquer dessus, tu peux montrer ça à quelqu'un.

J'ai utilisé Lovable pour la première version de Pimpela. Littéralement la première : une interface qui ressemblait à ce que j'avais en tête, avec des boutons qui faisaient des choses, générée en une après-midi. Ça m'a permis de vérifier que l'idée tenait debout avant d'investir du temps dans quelque chose de plus solide. C'est exactement pour ça qu'il existe.

Mais Lovable a une limite claire : tu ne contrôles pas ce qu'il produit. Le code généré t'appartient, mais tu ne l'as pas écrit, tu ne le comprends pas vraiment, et quand tu veux modifier quelque chose de précis, tu te retrouves à négocier avec l'outil plutôt qu'à travailler directement. Pour prototyper, c'est parfait. Pour construire quelque chose qu'on va faire évoluer dans le temps, ça devient vite inconfortable. et c'est vite cher !

Lovable a rempli son rôle. Il t'a donné le premier geste, la première victoire. On passe à autre chose.

Claude Code : ton poste de travail et ton collègue à la fois

Une fois Lovable derrière toi, tout se passe dans un seul endroit : l'application Claude, onglet Code. C'est là que ton projet vit, que tu vois tes fichiers, que tu lis ce qui existe, que tu modifies, et que tu dialogues quand tu bloques.

Avant, ça prenait deux outils séparés : un éditeur de code d'un côté pour vivre dans les fichiers, Claude Code lancé dans un terminal de l'autre pour réfléchir et construire. Aujourd'hui c'est réuni. À gauche, l'arborescence de tes fichiers, comme dans n'importe quel explorateur. Au centre, ce que tu regardes. À droite, la conversation avec Claude.

Et c'est ce dialogue qui est au cœur de l'outil. Je décris le problème, je colle ce qui ne marche pas, et on travaille dessus ensemble. Je lui demande toujours un plan avant qu'il exécute quoi que ce soit. Pas un échange : plusieurs, avec des reformulations de ma part, des suggestions de la sienne, des tests, des corrections. À la fin, on a une solution que je comprends, pas juste du code qui marche.

C'est ça, Claude Code : un dialogue. Tu poses un problème, il propose une piste, tu testes, tu reviens avec ce que tu as observé, il ajuste. Le mode conversationnel est au cœur de son utilité. Ce n'est pas un générateur de code, c'est un interlocuteur. Et il est là, dans la même fenêtre que tes fichiers, pas dans une fenêtre noire à part.

Ce que tu n'as pas encore mais qui arrive

Tu as la base. Mais une application qui fonctionne vraiment dans le monde réel a besoin de deux choses supplémentaires que tu n'as pas encore touchées.

Supabase : là où les données vivront

Quand une application fait quelque chose d'utile, elle stocke des données. Les préférences d'un utilisateur, les résultats d'une recherche, l'historique d'une conversation. Ces données doivent vivre quelque part, dans une base de données, accessible en permanence, pas seulement sur ton ordinateur.

Supabase est la solution qu'on va utiliser pour ça. C'est un service de base de données en ligne, avec une interface qui permet de voir et de gérer les données sans avoir à écrire des requêtes complexes. Tu n'as pas encore besoin de comprendre comment ça fonctionne. Juste de savoir que ça arrive, et à quoi ça sert.

Git et GitHub : la mémoire de ce que tu construis

Quand tu travailles sur un projet qui évolue dans le temps, tu as besoin d'une mémoire. Pas juste la dernière version de ton code : l'historique de toutes les versions, avec la possibilité de revenir en arrière si tu casses quelque chose.

Git est le système qui gère cet historique. GitHub est le service en ligne qui le stocke et te permet d'y accéder depuis n'importe où. Ensemble, ils font office de filet de sécurité : tu peux avancer sans avoir peur de perdre ce qui marchait avant. Et là encore, l'application gère la connexion à GitHub pour toi, sans que tu aies à apprendre la moindre commande.

C'est l'article suivant. Et après ça, on parlera de mise en ligne.

La stack, ou comment des outils deviennent un système

Il y a un moment, dans le développement d'un projet, où tu arrêtes de voir une liste d'outils et tu commences à voir quelque chose qui s'articule. Les outils se passent le relais. L'un génère, l'autre te sert de poste de travail et d'interlocuteur, le troisième stocke. Chacun a une place, et la place de chacun a du sens par rapport aux autres.

C'est ce qu'on appelle une stack. Pas un terme technique compliqué : juste un mot pour dire que ces outils ne sont pas indépendants, qu'ils forment un système. Félicitations tu as maintenant une stack. 😎

Lovable pour prototyper vite et vérifier une idée. L'application Claude pour vivre dans le code, le modifier, et construire en dialoguant. Supabase et Git qui arrivent pour que ce que tu construis puisse exister dans le monde réel.

Ce ne sont pas des outils que tu as choisis un par un après une analyse comparative. Tu les as rencontrés parce que c'était le bon moment pour les rencontrer. Et maintenant que tu sais ce qu'ils font, tu peux commencer à les utiliser avec intention.

Fait partie du chantierConstruire avec Claude Code/ Acte I : Les mains dans le cambouis
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