Claude Code, première fois
J'avais passé les semaines précédentes à voir des développeurs parler de Claude Code comme d'un changement de paradigme. Bien. Mais moi je ne suis pas développeuse. J'ai un Mac, un compte Claude, et vingt ans de no-code dans les pattes. La question, c'était : est-ce que c'est pour moi ?
La réponse courte : oui, et l'entrée est beaucoup moins technique que je ne le craignais. Il y a un an, débuter avec Claude Code voulait dire ouvrir un terminal, coller une commande d'installation, apprendre deux ou trois réflexes de ligne de commande. Aujourd'hui, tout ça a disparu. Claude Code vit dans l'application Claude, celle que tu as peut-être déjà sur ton ordinateur. On ouvre, on pointe un dossier, on parle.
Ce qu'il faut avoir avant de commencer
Trois choses, pas une de plus.
Un ordinateur, Mac ou Windows. L'application de bureau Claude, à télécharger sur claude.com/download si tu ne l'as pas déjà. Et un compte Claude payant : Claude Code n'est pas inclus dans le gratuit.
Si tu es sur Windows, il y a un seul prérequis technique à régler une fois pour toutes : l'application te demandera d'installer "Git for Windows" au premier lancement de la partie Code. Tu télécharges, tu installes, tu redémarres l'app. C'est un clic d'installation classique, pas une ligne de commande. Sur Mac, tu n'as rien à faire.
Ouvrir l'onglet Code
L'application Claude a plusieurs onglets en haut : un pour discuter normalement avec Claude, un pour Cowork, et un appelé Code. C'est celui-là qui nous intéresse.
La première fois que tu cliques dessus, tu te connectes à ton compte. Pas de navigateur qui s'ouvre tout seul, pas d'autorisation à valider dans une fenêtre étrange : tu es déjà dans l'application Claude, donc tu es déjà identifiée.
Ce que tu vois ensuite ressemble à une zone de conversation, avec quelques réglages au-dessus du champ où tu vas écrire. Trois comptent vraiment pour débuter :
L'environnement : tu choisis "Local", c'est-à-dire ta propre machine. C'est là que tes fichiers se trouvent.
Le dossier de projet : tu sélectionnes le dossier sur lequel Claude va travailler. C'est l'équivalent de "ouvrir un dossier" dans n'importe quel logiciel. Claude ne verra que ce dossier-là.
Le modèle : tu le laisses sur la proposition par défaut, tu changeras plus tard si besoin.
C'est tout le réglage. Pas d'installation, pas de commande. Tu choisis un dossier et tu peux parler.
Premier essai : demander ce qu'il y a dans un dossier
J'ai sélectionné le dossier "Documents" de mon Mac. Claude Code se trouvait donc dans ce contexte, avec accès à ces fichiers, et à eux seuls.
Ma première question a été volontairement simple. J'ai écrit : « Qu'est-ce qu'il y a dans ce dossier ? Décris-moi les fichiers principaux. »
Claude Code a listé les fichiers, puis a décrit ce que chacun faisait. Pas juste les noms. Le rôle. Il avait lu le contenu des fichiers et compris leur fonction. Pendant qu'il travaillait, je voyais sur le côté l'arbre des fichiers s'animer, ceux qu'il était en train de lire se signaler.
Je savais déjà ce qu'il y avait dans ce dossier, évidemment. Mais voir quelque chose lire et comprendre ma structure de fichiers en quelques secondes, sans que je lui aie rien expliqué, c'est un effet différent de lire une description de cette capacité dans un article.
Deuxième essai : quelque chose de vrai
Le premier test, c'était de l'exploration. Le deuxième, j'ai voulu quelque chose de concret.
J'avais un dossier de factures sur mon bureau. Une cinquantaine de PDF accumulés depuis l'année, avec des noms tous différents parce que chaque fournisseur les nomme à sa façon. "Facture_122024.pdf", "FR2024-12-31_orange.pdf", "f00427_decembre.pdf". Pas moyen de les retrouver vite, pas moyen de les trier. Le genre de désordre qu'on remet à plus tard parce que renommer cinquante fichiers à la main, c'est l'après-midi qu'on n'a pas envie de perdre.
J'ai changé le dossier de projet pour pointer sur ce dossier de factures, et j'ai demandé : "Renomme tous les PDF de ce dossier au format 2024-12_fournisseur.pdf. Le fournisseur, tu le trouves dans le contenu du PDF. La date aussi."
Il a répondu en m'expliquant ce qu'il allait faire. Avant de toucher quoi que ce soit. Il voulait que je confirme.
Ça m'a calmée. Je m'attendais à ce qu'il fonce et je me préparais déjà à devoir tout vérifier en mode panique. Là, il me posait la main sur le bras et me disait "voilà ce que je vois, voilà ce que je propose, est-ce qu'on y va ?"
Plus précisément, il m'a dit qu'il avait identifié 47 PDF, qu'il avait extrait le fournisseur et la date pour chacun, et qu'il avait repéré 3 fichiers où il n'était pas sûr du fournisseur. Pour ces 3 cas, il me proposait son meilleur pari mais voulait ma validation. J'ai regardé les trois, j'en ai corrigé un, j'ai validé les deux autres.
Il a renommé. Trois minutes pour les 47, dont deux minutes de lecture de sa réponse.
J'ai vérifié. C'était propre. Mes factures étaient triées chronologiquement par date, le nom du fournisseur lisible au premier coup d'œil. Mon dossier ressemblait enfin à quelque chose.
La chose qui m'a fait lever un sourcil, c'est qu'il avait aussi gardé la version originale de chaque fichier dans un sous-dossier _originaux, au cas où. Je ne le lui avais pas demandé. Il l'avait fait parce que c'est ce qu'on fait quand on bricole quelque chose de réversible.
C'est dans cet écart que se joue ce que Claude Code change. Quand je discute avec Claude dans une fenêtre de conversation classique, je lui colle du texte, il me renvoie du texte. Quand je passe par l'onglet Code, il regarde mon dossier, il ouvre les fichiers, il vérifie ce qui s'y trouve avant de bouger quoi que ce soit. Ce n'est plus une conversation, c'est quelqu'un qui regarde par-dessus mon épaule et qui ne touche à rien sans me prévenir.
Trois choses qui m'ont rendue moins bête sur le moment
Claude Code travaille dans le dossier que tu lui as donné. C'est évident quand on le sait, mais j'ai mis dix minutes à comprendre pourquoi il ne trouvait pas un fichier que je lui mentionnais. Le fichier existait, mais ailleurs sur mon ordinateur. Lui ne voyait que le dossier de projet que j'avais sélectionné. Logique. Pas évident au moment où on bute dessus. La solution : changer le dossier de projet, ou déplacer le fichier dans le bon dossier.
Les messages d'erreur sont lisibles. Je m'attendais à des suites incompréhensibles avec des chemins de fichiers et des codes en majuscules. À la place, quand un truc ne marchait pas, Claude Code m'expliquait en français ce qui n'avait pas fonctionné, et souvent il proposait une piste pour avancer. La première fois qu'il m'a dit "le fichier facture_orange_decembre.pdf semble être protégé par un mot de passe, je ne peux pas l'ouvrir, tu veux qu'on le saute ?", c'était inattendu. Il parlait normalement.
La meilleure habitude que j'ai prise, c'est de lui demander ce qu'il va faire avant qu'il le fasse. Et parfois aussi, ce qu'il vient de faire. Je tape "explique-moi ce que tu vas changer et pourquoi", je lis sa réponse, je valide ou je corrige le tir, et seulement après il agit. Ce n'est pas pour vérifier qu'il a bien compris. C'est pour comprendre, moi, ce que je ne sais pas. Sa réponse, je la lis comme un cours particulier. C'est comme ça que j'apprends ce qui ne s'apprend pas à l'école, sans avoir à plonger dans une documentation que personne n'a écrite pour moi.