03Mai2026

Débuter avec Claude Code, sans jargon

Pas un tutoriel. Le récit exact de ce que j'ai fait un mardi matin avec un ordinateur, un compte Claude et zéro expérience de terminal.

Claude Code, première fois

C'était un mardi matin. J'avais mon café, mon ordinateur, et une idée fixe depuis la veille : tester Claude Code pour de vrai, pas juste lire des threads à son sujet.

J'avais passé les semaines précédentes à voir des développeurs en parler comme d'un changement de paradigme. Bien. Mais moi je ne suis pas développeuse. J'ai un Mac, un compte Claude, et vingt ans de no-code dans les pattes. Est-ce que c'était pour moi ?

Ce qu'il faut avoir avant de commencer

J'avais trois choses ouvertes sur mon écran : mon compte Claude, un terminal que je n'avais jamais vraiment utilisé, et une fenêtre de navigateur sur la documentation officielle d'Anthropic.

Ce qu'il te faut concrètement :

Un ordinateur. Un compte Claude Pro, pas le gratuit. Claude Code est une fonctionnalité payante.

Installer Cursor

Cursor, c'est un éditeur de code. Concrètement, c'est le logiciel dans lequel tu vas travailler. Tu peux utiliser Claude Code sans Cursor, directement depuis ton terminal, mais Cursor rend les choses plus confortables parce qu'il intègre un terminal en bas de l'écran et une vue de tes fichiers sur le côté.

J'avais vu des screenshots de Cursor dans des fils de discussion en ligne. En vrai, ça ressemble à un traitement de texte qui aurait mal tourné. Interface sombre, colonnes, du texte partout. La première fois que tu l'ouvres, c'est un peu comme ouvrir Excel pour la première fois quand tu n'as jamais vu de tableur : tu vois des cases, tu ne sais pas encore ce qu'elles font, mais tu sens que quelque chose de structuré se cache là-dedans.

Tu vas sur cursor.com, tu télécharges, tu installes. Rien d'exceptionnel. L'installation dure deux minutes.

Et là dès le debut, il me prend en traitre : Cursor te propose d'importer tes paramètres depuis VS Code si tu en as. Je n'en avais pas. Je ne savais même pas que c'est un truc que l'on pouvait avoir d'ailleurs. Bref, j'ai cliqué sur « Start fresh ». L'interface s'est ouverte avec une page d'accueil qui ressemble à un éditeur de texte vide, avec un panneau de fichiers sur la gauche et un terminal en bas. C'est ce terminal en bas que tu vas utiliser.

J'ai passé trente secondes à regarder l'écran.

Installer Claude Code

La commande à coller

Dans le terminal en bas de Cursor, j'ai collé la commande d'installation depuis la documentation officielle d'Anthropic :

sur mac

curl -fsSL https://claude.ai/install.sh | bash

sur PC

irm https://claude.ai/install.ps1 | iex

Je l'ai copiée. Je ne l'ai pas tapée de mémoire. Je l'ai collée.

J'ai appuyé sur Entrée.

Ce qui se passe pendant l'install

Des lignes ont commencé à défiler. Beaucoup de lignes. Du texte vert, du texte blanc, quelques lignes orange.

Mon premier réflexe a été de me demander si quelque chose plantait. Rien ne plantait. C'est juste comme ça que ça se passe : le terminal te montre ce qu'il fait en temps réel, et ce qu'il fait, c'est télécharger et configurer un tas de petits fichiers. C'est bavard par nature.

L'installation a pris environ quarante secondes. À la fin, une ligne indiquait que claude-code avait été installé avec succès et précisait le numéro de version. J'ai su que c'était fini parce que le curseur clignotant est revenu, en attente de la prochaine commande.

Si tu vois des lignes qui commencent par npm warn, ne t'inquiète pas. C'est des avertissements, pas des erreurs. La différence : une erreur t'empêche de continuer, un avertissement te dit juste que quelque chose n'est pas parfait mais que ça marche quand même.

Se connecter à son compte

J'ai tapé claude dans le terminal et appuyé sur Entrée. Première fois qu'on lance Claude Code, il demande à se connecter à ton compte Anthropic.

Et là, mon navigateur s'est ouvert tout seul.

Je me suis arrêtée une seconde. Pas de panique, juste une légère surprise. Quand un programme ouvre ton navigateur sans que tu aies rien cliqué, le réflexe naturel est de vérifier l'URL. J'ai vérifié. C'était bien anthropic.com, pas un site qui essaie de ressembler à anthropic.com. Détail qui compte.

Une page s'est affichée, me demandant d'autoriser Claude Code à accéder à mon compte. J'ai cliqué sur Autoriser. Le navigateur m'a indiqué que je pouvais fermer la fenêtre et retourner dans mon terminal.

Dans le terminal, Claude Code avait affiché un message de bienvenue et une invite de commande. Quelque chose comme >. Sobre. On ne fait manifestement pas dans le grandiose niveau com chez Anthropic. (naïve!)

C'est le moment où j'ai compris que j'étais dans un outil différent de ce que j'avais l'habitude d'utiliser. Pas d'interface graphique, pas de boutons. Juste une ligne qui attend ce que je vais lui dire.

Premier essai : demander ce qu'il y a dans un dossier

J'avais ouvert le dossier "documents" de mon mac dans Cursor. Donc Claude Code se trouvait dans ce contexte, avec accès à ces fichiers.

Ma première question a été volontairement simple. J'ai tapé : « Qu'est-ce qu'il y a dans ce projet ? Décris-moi les fichiers principaux. »

Ce qui s'est passé ensuite m'a arrêtée net.

Claude Code a listé les fichiers du dossier, puis a décrit ce que chacun faisait. Pas juste les noms. Le rôle. Il avait lu le contenu des fichiers et compris leur fonction.

Je savais déjà ce qu'il y avait dans ce dossier, évidemment. Mais voir quelque chose lire et comprendre ma structure de projet en quelques secondes, sans que je lui aie rien expliqué, c'est un effet différent de lire une description de cette capacité dans un article.

J'ai pensé à toutes les fois où j'ai repris un projet après quelques semaines d'absence et où j'ai dû passer vingt minutes à me rappeler ce que chaque fichier faisait. Ce premier test ne résolvait pas un vrai problème. Il me montrait juste que l'outil comprenait ce qu'il regardait.

Deuxième essai : quelque chose de vrai

Le premier test, c'était de l'exploration. Le deuxième, j'ai voulu quelque chose de concret.

J'avais un dossier de factures sur mon bureau. Une cinquantaine de PDF accumulés depuis l'année, avec des noms tous différents parce que chaque fournisseur les nomme à sa façon. "Facture_122024.pdf", "FR2024-12-31_orange.pdf", "f00427_decembre.pdf". Pas moyen de les retrouver vite, pas moyen de les trier. Le genre de désordre qu'on remet à plus tard parce que renommer cinquante fichiers à la main, c'est l'après-midi qu'on a pas envie de perdre.

J'ai demandé à Claude Code : "Renomme tous les PDF de ce dossier au format 2024-12_fournisseur.pdf. Le fournisseur, tu le trouves dans le contenu du PDF. La date aussi."

Il a répondu en m'expliquant ce qu'il allait faire. Avant de toucher quoi que ce soit. Il voulait que je confirme.

Ça m'a calmée. Je m'attendais à ce qu'il fonce et je me préparais déjà à devoir tout vérifier en mode panique. Là, il me posait la main sur le bras et me disait "voilà ce que je vois, voilà ce que je propose, est-ce qu'on y va ?"

Plus précisément, il m'a dit qu'il avait identifié 47 PDF, qu'il avait extrait le fournisseur et la date pour chacun, et qu'il avait repéré 3 fichiers où il n'était pas sûr du fournisseur. Pour ces 3 cas, il me proposait son meilleur pari mais voulait ma validation. J'ai regardé les trois, j'en ai corrigé un, j'ai validé les deux autres.

Il a renommé. Trois minutes pour les 47, dont deux minutes de lecture de sa réponse.

J'ai vérifié. C'était propre. Mes factures étaient triées chronologiquement par date, le nom du fournisseur lisible au premier coup d'œil. Mon dossier ressemblait enfin à quelque chose.

La chose qui m'a fait lever un sourcil, c'est qu'il avait aussi gardé la version originale de chaque fichier dans un sous-dossier _originaux, au cas où. Je ne le lui avais pas demandé. Il l'avait fait parce que c'est ce qu'on fait quand on bricole quelque chose de réversible.

C'est dans cet écart que j'ai compris ce que Claude Code change. Quand je discute avec Claude dans une interface web, je lui colle du texte, il me renvoie du texte. Quand je discute avec Claude Code, il regarde mon dossier, il ouvre les fichiers, il vérifie ce qui s'y trouve avant de bouger quoi que ce soit. Ce n'est plus une conversation, c'est quelqu'un qui regarde par-dessus mon épaule et qui ne touche à rien sans me prévenir.

Trois choses qui m'ont rendue moins bête sur le moment

Claude Code travaille dans le dossier où tu l'as lancé. C'est évident quand on le sait, mais j'ai mis dix minutes à comprendre pourquoi il ne trouvait pas un fichier que je lui mentionnais. Le fichier existait, mais ailleurs sur mon ordinateur. Lui ne voyait que le dossier depuis lequel je l'avais ouvert. Logique. Pas évident au moment où on bute dessus. Les messages d'erreur sont lisibles, et c'est une vraie différence avec tout ce que j'avais lu avant en bricolant dans un terminal. Je m'attendais à des suites incompréhensibles avec des chemins de fichiers et des codes en majuscules. À la place, quand un truc ne marchait pas, Claude Code m'expliquait en français ce qui n'avait pas fonctionné, et souvent il proposait une piste pour avancer. La première fois qu'il m'a dit "le fichier facture_orange_decembre.pdf semble être protégé par un mot de passe, je ne peux pas l'ouvrir, tu veux qu'on le saute ?", j'ai souri. Il parlait normalement. La meilleure habitude que j'ai prise, c'est de lui demander ce qu'il va faire avant qu'il le fasse. Et parfois aussi, ce qu'il vient de faire. Je tape "explique-moi ce que tu vas changer et pourquoi", je lis sa réponse, je valide ou je corrige le tir, et seulement après il agit. Ce n'est pas pour vérifier qu'il a bien compris. C'est pour comprendre, moi, ce que je ne sais pas. Sa réponse, je la lis comme un cours particulier. C'est comme ça que j'apprends ce qui ne s'apprend pas à l'école, sans avoir à plonger dans une documentation que personne n'a écrite pour moi.

Fait partie du chantierOnboarding/ Acte I : Les mains dans le cambouis

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